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« Ce burn-out, emprunt « fourre-tout » facilement remplaçable » (Normalisation IP)

Burn-out
BURN-OUT [bœʀnaut] n.m. (1969, répandu après 1976 ; angl. burn out
« surmenage ») 1. (Gros) coup de fatigue occasionné par un travail intense, creatif et productif souvent au prix de la vie privée. Victime d'un burn-out, Lucie Lucas songe à arrêter « Clem ». [...] Après des années sur les plateaux de tournage, la jeune femme souhaite prendre du temps pour elle, et être plus présente pour ses proches
(PM, 22.12.16). ◊ Occupation, entreprise, réalisation, mise en scène, etc. ayant nécessité de grands efforts. Depuis son précédent spectacle, « One man violent », on ne peut pas dire que Nicolas Koretzky se soit calmé. Au contraire, le voici parvenu à son « Point de rupture ». Ce burn out théâtral est drôle [...] (PM, 03.04.16).

Vous êtes invités à consulter les 9 articles ci-après pour voir que, parallèlement à l’intégration des emprunts nécessaires, le français réagit à l’anglicisation, et pour revenir aux recommandations du premier article (menu accueil)
Burn-out Bluesman Container Free-lance Parking Rally(e)man Recordman Rugbyman Tennisman Yacht(s)man

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L’Observatoire européen du plurilinguisme (OEP) lance la rubrique « 10 anglicismes à remuer les méninges », conscient du fait que ses démarches ambitieuses attachant de l’importance aux domaines de l’enseignement, de la recherche, de l’économie et de l’entreprise ne pourraient être menées à bonne fin dans le désarroi dans la compétence axiologique et normative des usagers de la langue française.

De la sorte, la tâche principale de la Rubrique est de dissiper les appréhensions et de renouveler le crédit de confiance des locuteurs qui ont perdu la foi en qualifications normatives puristes, subjectives ou spéculatives et recevraient avec une certaine méfiance toute mention de normativité.

L’objectif de la Rubrique s’accorde à l’orientation globale de l’OEP : contribuer à l’optimisation de l’emprunt à l’anglo-américain. L’emprunt doit être une source d’enrichissement du français comme de n’importe quelle autre langue. L’impact d’une langue étrangère ne peut pas être trop systématique, tournant à une domination. L’objectif de cette rubrique est donc aussi d’associer à la démarche nos partenaires allemands, italiens, roumains, croates et autres en proie aux mêmes pressions parfois au-delà du raisonnable de l’anglo-américain.
Nous essayons de démontrer aux sujets parlants que le français, parallèlement à l’adoption des anglicismes nécessaires ou non, sait réagir aussi à l’anglicisation en se purifiant progressivement des emprunts inutiles et gênants.

Ainsi, en partant uniquement des emplois réels, met-on en lumière une norme spontanée (parfois aidée) d’usage des anglicismes et de leurs analogues français (variantes synonymiques, francisations, équivalents, substituts), phénomène de profondeur, qui émerge malgré des exagérations passagères du tout-anglais, comparées à une écume superficielle, dont les locuteurs sont à tout prendre les principaux acteurs.

Or, vous trouverez dans la Rubrique des informations absentes pour la plupart dans les dictionnaires de langue française.

– La Rubrique met à jour une partie considérable des articles des dictionnaires généraux ayant trait aux anglicismes intégrés en enrichissant des structures sémantiques et en en précisant le sens (look, patchwork, star).

– La Rubrique met en évidence la nature des liens ou paradigmes (concurrentielle / non-concurrentielle = synonymique) rattachant des anglicismes à leurs analogues français : synonymisation (poster / affiche, sponsor / parrain, commanditaire), prédomination des mots ou des formes français (conteneur > container, gros-porteur > jumbo-jet), concurrence avec des anglicismes ancrés mais indésirables (overdose / surdose ; tour-opérateur / voyagiste, autocariste, transporteur, agence (agent) de voyages), supplantation des anglicismes (cableman < câbliste, garden-center < jardinerie).

– La Rubrique trouve des substituts des nouveaux intrus dans l’usage réel (mini-ordinateur, ordinateur (PC) portable (portatif, mobile), portable > notebook).
L’usage d’un mot, une des caractéristiques essentielles de son emploi, est établi dans la Rubrique en donnant une partie des exemples, avec indication de leur volume en nombre d’occurrences, puisés dans les archives électroniques des médias, représentatifs du mode de vie en France d’aujourd’hui : L’Express (E – depuis 1993) Le Monde (M – depuis 1944), Le Nouvel Observateur et L’Obs (NO – depuis 2003), Le Point (P – depuis 1998), Libération (L – depuis 1994), Le Figaro (F – depuis 1997), Paris Match (PM), L’Humanité (H – depuis 1990).

Certains de ces repères peuvent faire défaut en cas du logiciel défaillant. Ainsi la mention « impossible à établir » se rapporte-t-elle à de tels cas.
Les exemples littéraires, fournissant des témoignages culturels, sont accompagnés des sigles conventionnels qui renvoient aux références bibliographiques dont l’index renouvelable est consultable à https://nda.observatoireplurilinguisme.eu/fr/bibliographie

Les exemples de la Rubrique embrassent une période chronologique entre 1979 et 2017.

Les quatre types de normalisation proposés confirment l’usage des anglicismes irremplaçables ou, au contraire, signalent des emprunts désuets. Hors de là, ils tiennent compte des pronostics linguistiques pour ce qui est des supplantations des anglicismes peu convenables, usités pour le moment, ou des enracinements des équivalents français proposés.

  • Normalisation NP – anglicismes normatifs en perspective : La normalisation NP témoigne du fait qu’une évolution de la norme est universellement admise. La mention signifie qu’on peut employer un anglicisme stable et suffisamment intégré (à ne pas confondre avec parfaitement assimilé) sans restriction (dressing, leadership, portable).
  • Normalisation IP – anglicismes normatifs en synchronie, indésirables en perspective : Les emprunts de ce type prédominent dans l’usage de beaucoup sur leurs équivalents français. La normalisation IP consiste en ce qu’on réunit un anglicisme et un mot français en paradigme ou s'intensifie la concurrence entre les termes des paradigmes existants (funboard → planche (à voile), hit-parade → palmarès). Au sigle IP correspondent les marques performatives peu contraignantes du type « on remplacerait avantageusement », « on peut préférer... à... », « on pourrait plutôt employer... », « il est possible d’employer l’équivalent français », « il est souhaitable de préférer... à... ».
  • Normalisation NNP – anglicismes tolérés en synchronie, non-normatifs en perspective. En cas de normalisation NNP, des équivalents français qui constituent un paradigme avec un anglicisme, prédominent. Dans ce cas la Rubrique explicite le lien défavorisant l’emprunt, formé dans la conscience linguistique nationale, et encourage en plein, par des procédés de normalisation de rigueur, la sortie définitive d’un anglicisme de l’usage dans un avenir assez proche (baladeur > walkman, en salle > indoor, perchiste > perchman). La mention NNP est associée aux marques d’usage telles qu’« on préférera... à... », « est (sont) à préférer à... », « mieux vaut employer... ».
  • Normalisation NNS – anglicismes non-normatifs en synchronie : La normalisation NNS constate la résolution des relations de concurrence dans des paradigmes entre un anglicisme et son analogue français en faveur de ce dernier, donc l’inadmissibilité évidente de l’intrus expulsé de l’usage dans la norme littéraire en vigueur (mixage > mixing, tube > hit (aux pays francophones). Le sigle NNS attire les marques de rejet telles qu’« à proscrire », « à éviter »,
    « ce mot est condamné », etc.
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