Les résultats surprenants de cette étude peuvent toutefois s’expliquer, notamment par la façon dont cette enquête a été menée. Ainsi, l’étude d’Eurostat, auprès de personnes de 25 à 64 ans, ne prend en compte que la perception des individus interrogés et non pas leur qualification. En clair, Eurostat ne cherche pas à savoir si les personnes questionnées connaissent réellement une langue étrangère mais demandent simplement aux sondés s’ils se sentent aptes à parler une autre langue que la leur. Certains chiffres issus de cette étude apparaissent donc plus que contestables. Par exemple, l’étude révèle que 65% des anglais se déclarent bilingues alors que plus de 50 % d’entre eux n’étudient plus de langues étrangères dès l’âge de 14 ans. Les Britanniques, manifestement très sûrs d’eux, seraient-ils autodidactes?
A la lecture de ces statistiques, il semble donc vain de tomber dans une euphorie débordante comme ce fut le cas par exemple dans la presse slovène (STA titrant : « les Slovènes sont parmi les peuples d’Europe les plus éduqués »). Au contraire, dans un spleen propre à la Hongrie, les journaux de Budapest ont un point de vue très auto-critique ( origo.hu s’est notamment alarmé sur le fait que « même les britanniques parlent plus de langues que les hongrois »). Ce sentiment d’échec « très hongrois » est également nuancé par une autre statistique issue de l’étude : 99 % des étudiants hongrois étudient au moins une langue étrangère. A défaut d’être tous parfaitement bilingues, les Hongrois ont au moins à leur crédit de ne pas fanfaronner sans raisons.