Auteur de la fiche : Adem Benchemam

 Troller [tʁole] verbe (de l’anglais to troll, du nom troll, créature folklorique monstrueuse qui vit sous les ponts, désigne aussi une personne qui passe son temps à écrire des propos provocants sur internet)

« Faute d’alternatives, nous devrons nous contenter de troller en français. »

Le terme « troller » dérive du mot « troll », qui, dans son sens moderne, a des origines disputées. Les uns le relient au monstre hideux du folklore nordique, les autres à une technique de pêche à la traîne pour appâter les poissons (d’où viendrait le sens de « chercher à provoquer une réaction » qu’on attribue aussi au verbe).

Dans son acceptation moderne, le terme « troll » a émergé dans les années 1990 et 2000, avec l’essor d’internet, pour décrire essentiellement des provocateurs de l’internet, des individus qui critiquent, provoquent et cherchent à créer des polémiques. Ceux-ci ne doivent pas être confondus avec les « haters » qui ont généralement un avis, une position à défendre dans un débat donné. Le « troll », lui, ne cherche qu’à entretenir le conflit, à moquer, se reposant souvent sur une argumentation toute faite qui tourne rapidement aux attaques personnelles. « Troller » est avant tout une manière d’irriter son interlocuteur plutôt que de critiquer quelque chose de manière constructive.

Le terme s’est rapidement répandu en français, d’où la formation du verbe dérivé « troller », et n’a eu de cesse que de s’intégrer notamment avec la démocratisation des réseaux sociaux qui a créé un nouvel espace pour ces « trolls ». Ce comportement a même pris une dimension politique, voire militaire, à l’ère des guerres d’information (ou guerres hybrides) où l’on observe l’utilisation de « fermes à trolls » qui font usage massif de ce comportement à travers de faux comptes pour manipuler l’opinion publique.

Il semble donc que le terme « troller » est désormais largement accepté en langue française, notamment parce qu’on n’y trouve pas d’équivalent à part des termes plus génériques (« moquer », « provoquer ») qui ne comportent pas entièrement les mêmes nuances.

Normalisation NP : accepté